Chambley-Bussières est une commune française de Lorraine située dans le département de Meurthe-et-Moselle en région Grand Est.
Elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l’Insee. La commune fait partie de l’aire d’attraction de Metz, dont elle est une commune de la couronne.
La commune compte au 01/01/2023, 726 habitants.
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
Édifices civils
- Château des Harts, construit de 1897 à 1900, détruit en 1915 et reconstruit modestement de 1919 à 1923.
- Château fort, propriété des Chambley au Moyen Âge ; passé par mariage, au milieu du XVe siècle, à la famille de Haraucourt ; puis par donation, en 1727, à la famille du châtelet qui le conserva jusqu’à la Révolution, le château fut assiégé en 1636, au cours de la guerre de Trente Ans, par Abraham de Fabert d’Esternay, futur maréchal de France ; il en subsistait encore au XIXe siècle des vestiges des murailles et la trace des fossés.
Édifices religieux
- Église paroissiale Saint-Rémi XIXe siècle reconstruite après la guerre de 1914-1918.
- Église paroissiale de la-Nativité-de la-Vierge à Bussières. Église XVe siècle ? ; agrandie XVIIe siècle, tour XVIIIe siècle ; restaurée au XIXe, sacristie XIXe siècle.
Base de Chambley
De manière permanente, l’ancienne base américaine de l’OTAN de Chambley accueille le Club « ULM Sport et loisirs » qui a déjà plus de 20 ans d’existence.
Il comporte également une école de pilotage et une école de conduite qui organisent stages de formation aux risques routiers et stages liés aux sports et loisirs mécaniques.
Tout au long de l’année, elle est aussi l’hôte de nombreuses manifestations sportives tel que le célèbre Mondial Air Ballons.
Un circuit a été construit en 2009, appelé le circuit de Chambley devenu ensuite Circuit Chambley -Grand Est.
Bussières : une histoire de plus de 1 200 ans
1. Les origines : un lieu déjà connu au VIIIᵉ siècle
La première mention connue est particulièrement ancienne : 745, sous la forme latine Villa Bucsarias. Une autre forme apparaît en 761 : Finis Buxarensis. Puis on retrouve Buxeriæ en 1192.
Il faut donc se garder d’imaginer Bussières comme un hameau créé récemment autour de Chambley : le site est attesté plusieurs siècles avant le développement du village médiéval de Chambley.
Le nom est généralement rattaché au latin buxus, le buis, avec l’idée d’un endroit où poussait cet arbuste.
2. Bussières et Chambley : deux entités bien identifiées
Dans les documents anciens, on rencontre notamment :
* Bussières / Buxières
* Bussière-devant-Chamblei, en 1425
* Bouxier, en 1499
* Bussières, Bouxières, au XVIᵉ siècle.
Cela montre que Bussières possédait une véritable identité locale, même s’il n’est pas devenu une commune indépendante moderne.
Une monographie historique locale indique d’ailleurs que Bussières était une dépendance de la seigneurie, et les sources communales actuelles précisent qu’il dépendait de la seigneurie de Gorze.
3. Le fameux tilleul de Bussières
C’est probablement le vestige historique le plus extraordinaire du hameau.
Le tilleul de Bussières est estimé à plus de 500 ans. Il se trouve près de la chapelle et du cimetière. Il était autrefois considéré comme l’arbre de Justice.
Sous cet arbre, le seigneur local aurait notamment :
* publié les bans ;
* fixé les règlements de la communauté ;
* annoncé les droits et devoirs des habitants ;
* perçu certains impôts ;
* rendu la justice.
Un gibet aurait existé sur la hauteur voisine appelée « Le Calvaire ».
L’arbre a été classé « Arbre remarquable de France » en octobre 2001. Sa circonférence atteint environ 6,60 m à un mètre de hauteur.
4. Une petite communauté avec sa vie propre.
Les Archives départementales de Meurthe-et-Moselle conservent des registres concernant Bussières :
B.M.S. (baptêmes, mariages, sépultures) : 1765-1785 et 1788-1790, puis les actes d’état civil à partir de la Révolution.
Une étude historique locale signale également un dénombrement de 1708 et des recherches consacrées aux familles, aux métiers, aux instituteurs et aux registres paroissiaux de Chambley-Bussières.
5. Le « Châtelet » et les Baraques
Il y a une confusion intéressante à éviter.
L’endroit que l’on appelle aujourd’hui Les Baraques ne portait pas encore ce nom au XVIIIᵉ siècle.
La monographie ancienne explique qu’il n’y avait autrefois qu’une maison appelée « le Châtelet ». Les actes de Bussières de 1720 utilisent encore ce nom, alors que celui de « Baraques » n’apparaît pas encore.
Cette maison se trouvait à proximité de l’ancienne frontière et deviendra ensuite associée au bureau des douanes du Châtelet.
C’est particulièrement intéressant après 1871, lorsque le secteur devient frontalier avec l’Empire allemand.
6. La Révolution : l’histoire étonnante de Nicolas Thibiat
Bussières conserve également un épisode très vivant de la Révolution française.
En 1788, le vicaire de Bussières était Nicolas Thibiat.
Après la Révolution, il refusa de prêter serment à la Constitution civile du clergé et devint donc prêtre réfractaire.
Il continua à célébrer clandestinement des messes, baptêmes et mariages.
Et surtout, le vieux tilleul lui servit de cachette : son tronc était déjà suffisamment creux pour qu’il puisse s’y dissimuler.
Il finit néanmoins par être arrêté, puis déporté sur les pontons de Rochefort. Il survécut et, après le Concordat, participa à la réorganisation du diocèse.
7. 1871 : Bussières devient un village-frontière
Après la guerre franco-prussienne de 1870-1871, la situation géographique de Bussières change profondément.
Le territoire de Chambley-Bussières se trouve désormais au voisinage immédiat de la frontière avec l’Allemagne, frontière qui subsiste jusqu’en 1918.
Des bornes frontière sont encore visibles dans le secteur : elles matérialisaient la limite franco-allemande de 1871 à 1914.
Le secteur du Châtelet / des Baraques prend alors une importance particulière avec les douanes.
8. 1914-1918 : Bussières sous la guerre
La guerre touche directement le hameau.
Le gigantesque tilleul, qui servait de repère dans le paysage, fut coupé par les Allemands pendant la Première Guerre mondiale, précisément parce qu’ils craignaient qu’il puisse servir de repère aux forces françaises.
Son bois aurait ensuite été utilisé pour fabriquer des crosses de fusil.
Le site de la chapelle et du cimetière fut ensuite progressivement abandonné avant d’être redécouvert et restauré au XXᵉ siècle.
9. Et finalement : pourquoi « Chambley-Bussières » ?
Pendant très longtemps, la commune s’appelle simplement Chambley, tandis que Bussières demeure un hameau/écart historique identifié.
Les Archives départementales classent d’ailleurs les registres sous CHAMBLEY, avec une rubrique spécifique « Bussières » pour les registres paroissiaux.
Puis, en 1961, le nom officiel de la commune devient :
Chambley-Bussières
Le nom de Bussières est donc ajouté au nom communal pour conserver officiellement la mémoire de cet ancien hameau.
Bussières n’était donc pas simplement « un petit hameau quelconque de Chambley ».
Il possède :
745 → première mention connue
↓
Moyen Âge → Buxeriæ / Bussières, identité locale ancienne
↓
XVe-XVIe siècles → Bussière-devant-Chamblei, Bussières/Bouxières
↓
XVIIIe siècle → communauté, seigneurie, chapelle, registres paroissiaux
↓
1789-1800 → épisode du prêtre réfractaire Nicolas Thibiat
↓
1871-1918 → secteur frontalier franco-allemand et douanes
↓
1914-1918 → destruction du vieux tilleul comme repère militaire
↓
1961 → Chambley devient officiellement Chambley-Bussières
Et surtout, les registres de Bussières commencent en 1765 dans les fonds départementaux.
il existe une reconstitution des familles de Chambley-Bussières couvrant 1648-1937, réalisée par Albert Lahaye, Jean-Paul Goffez et Marie-Noëlle Goffez. Elle est recensée dans les bibliothèques généalogiques spécialisées.
Les Archives départementales confirment par ailleurs que les registres de Bussières sont conservés séparément dans le fonds de Chambley pour 1765-1785 et 1788-1790.
Quelques familles que l’on voit déjà apparaître
Les recherches généalogiques en ligne permettent de retrouver des familles présentes à Chambley-Bussières dès le XVIIIᵉ siècle :
* CRIPLOT : Nicolas Criplot, né en 1738, marié à Jeanne François en 1768 ; leur famille est bien implantée dans le secteur. Nicolas est indiqué comme manœuvre, puis certains descendants apparaissent dans les actes de Chambley-Bussières.
* FRANÇOIS : Jeanne François, épouse de Nicolas Criplot ; la famille apparaît dans les générations précédentes.
* LOUIS : Catherine Louis, née en 1705, épouse d’Hilaire Criplot en 1732 ; cette branche remonte donc au début du XVIIIᵉ siècle.
* FLOQUARD / FLOCARD / FROCQUART : plusieurs variantes orthographiques du même nom apparaissent dans les généalogies locales. Antoine Floquard, né vers 1700, est notamment attesté dans le secteur.
* BALANDON : Élisabeth Balandon, née en 1712, est mariée successivement dans le secteur à François-Antoine Floquard puis à d’autres familles locales selon les arbres généalogiques consultés.
Je veux toutefois faire attention à ne pas vous présenter comme « familles de Bussières » des personnes qui habitaient simplement Chambley : les sources généalogiques en ligne mélangent souvent aujourd’hui les deux sous la commune moderne de Chambley-Bussières.
Pour établir véritablement les familles propres au hameau de Bussières, il faut exploiter les registres Bussières de 1765-1785 et 1788-1790, puis les recoupements avec les actes de Chambley. Les Archives indiquent précisément leur existence.
Et il y a une excellente piste : le Cercle généalogique du Pays de Briey confirme que Bussières était bien un hameau dépendant de Chambley, dont les registres paroissiaux commencent en 1765.
Sources : Cercle généalogique du pays de Briey/google/dep 54/
Sources privées / ia/ delcampe/ Google/ histoire locale 14/18./sources communales internet ./wikipedia .



